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Article : Egalité entre homme et femme en Afrique : une utopie ?
Non classé
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8 mars 2014

Egalité entre homme et femme en Afrique : une utopie ?

La journée internationale de la femme inspire les femmes du monde. Celles instruites défendent celles restées dans les champs, celles malmenées dans leurs foyers ou encore celles qui s’abritent dans les camps de réfugiés. Les activités au nom de la femme foisonnent. Les discours se suivent. La presse se met en branle. Le réseau social Facebook abonde de messsages poétiques, de fleurs si colorées pour les femmes. Les organisations de protection des droits de la femme s’activent.  Des voix s’élèvent.

Femmes_révoltez_vous©Marine_Fargetton
Femmes, révoltez vous©Marine Fargetton

A l’Université Senghor d’Alexandrie, opérateur direct de la Francophonie, les femmes ont décidé de débattre au sein de la Société d’art oratoire. Un débat structuré devant un jury chargé de désigner l’équipe gagnante. Deux équipes de quatre femmes exposent leurs différents arguments. Les unes représentent le gouvernement avec à sa tête un premier ministre. Les autres, l’opposition avec un leader. Il s’agit de convaincre l’autre partie et le peuple représenté par le public.

Les femmes débattent de leur condition. Elles débattent de l’éternelle question de l’égalité entre l’homme et la femme. Dans cette joute oratoire, les arguments pleuvent. Au grand plaisir du public, en grand partie masculin, qui soutient par des chuchotements vivaces les arguments qui…les arrangent.

Le groupe des femmes représentant le gouvernement soutien que l’égalité entre l’homme et la femme en Afrique est une utopie. Pour ces femmes, l’égalité est difficilement réalisable sur plusieurs points. D’un point de vue socio-culturel, la société africaine est patriarcale. Il n’existe d’autorité que celui de l’homme, le chef du foyer. Certes il existe des foyers où c’est la femme qui détient le pouvoir. La société africaine n’est pas habituée à de pareils cas qui ne la laissent donc pas indifférente. C’est bien cette exception qui confirme la règle. D’un point de vue biologique, les deux êtres ne sont pas dotés de la même morphologie ce qui donne tout son sens au statut de sexe faible souvent prêté à la femme. Aussi, selon ces femmes, l’égalité entre l’homme et la femme relève d’une affirmation émotionnelle. Les réalités sont là et il n’est pas question de les occulter pour prétendre à une égalité saugrenue. Elles constatent aussi que la pauvreté tend à se féminiser, que les femmes ont encore moins accès à l’éducation que les hommes et que d’ailleurs, les actions d’ONG financées à grand frais n’ont que pour effets, de détruire nos tissus socio-culturels en Afrique.

Les femmes de l’opposition sont irritées par ces arguments…féminins. Elles pensent que l’égalité entre l’homme et la femme devrait être une réalité. Pour en convaincre, elles posent un certain de nombre de questions. Des questions qui interpellent le « gouvernement ». « Sommes-nous dans un Etat de droit ? ». Les femmes fustigent la discrimination qui est faite entre homme et femme car, tous les hommes naissent libres et égaux en droit, comme consacré dans plusieurs instruments notamment les constitutions. Elles s’interrogent davantage : « est-ce qu’avant de faire un enfant, décidons-nous du sexe du nouveau-né ? » ou bien « choisissons nous une éducation spéciale pour l’un ou pour l’autre »,  « s’agit-il d’une égalité de droit ou de fait ? ». Cette série de questionnements montre l’angle juridique sous lequel l’égalité entre homme et femme est perçue. Et si aujourd’hui cette égalité n’est pas encore réelle, il faut s’intéresser à ce que le  « gouvernement » fait pour la mise en application des textes. Parce que, s’insurgent les femmes de l’opposition, « les conventions internationales, pourquoi les signer si ce n’est pas pour les mettre en application ? »

Les femmes de l’opposition insistent aussi sur le fait qu’il est scientifiquement prouvé que l’homme et la femme ont les mêmes compétences intellectuelles. Il suffit de constater qu’il existe des femmes qui sont chefs d’entreprises, scientifiques, ministres, ou encore présidentes de la république pour s’en faire une idée. Les exemples sont légion. Mais leurs fonctions ne les empêchent pas d’assumer leurs rôles à la fois de femme au foyer et leurs responsabilités professionnelles. Donc il ne sert à rien de se défausser sur des arguments socio-culturels pour voir la situation ne pas sortir de son ornière.

Cette sixième permanence de la Société d’art oratoire de l’Université Senghor a vu les femmes, uniquement elles-mêmes débattre de l’égalité homme femme. Et visiblement, il y en a qui ne veulent pas de cette égalité.  Personnellement, je pense qu’il faut pouvoir repenser cette question pour voir ce qui est réaliste et comment y arriver.

Que faut-il pour réaliser l’égalité homme femme ?

En Afrique aujourd’hui encore, elles sont des milliers à être battues, violées dans les foyers de conflits, à courber l’échine dans les champs. Au nom de leur faiblesse physique. Mais il faut agir sur des leviers pour changer cette triste réalité.

Dans le roman Sous l’Orage de Seydou Badian, le muezzin s’exclame à propos de l’école : « ma fille a moi ne verra jamais les portes de ce lieu ». Cette manière de penser n’a pas favorisé l’amélioration de la condition de la femme. Parce qu’une femme c’est d’abord une éducation. En réalité c’est la première lacune à combler dans nos sociétés. Envoyer les filles à l’école. Par l’éducation, la femme peut facilement connaître ses droits et s’affranchir des pesanteurs socio-culturelles de nos sociétés traditionnelles. Par exemple, je suis scandalisé quand j’entends une femme dire qu’il faut que son  mari soit à coup sûr polygame…

En plus de l’éducation, la femme doit pouvoir se prendre en charge. C’est en quelque sorte le but visé par les programmes d’octroi de microcrédit aux femmes. Plusieurs pays ont fait l’expérience même si ces programmes sont critiqués pour leur visée politique. L’idée est d’amener la femme à se créer de la richesse par de petites activités génératrices de revenus. L’argument que la pauvreté tend à se féminiser ne trouvera donc plus son sens. D’ailleurs, c’est aussi un levier de lutte contre la pauvreté.

Légiférer sur l’égalité entre l’homme et la femme comme c’est à la mode dans plusieurs pays en Afrique, n’est pas la solution. La solution appartient d’abord aux femmes. Par leur habileté à se positionner politiquement, économiquement et culturellement dans leur pays. La faveur d’une loi est de nature à confirmer l’inégalité si tant décriée. Femmes indignez-vous ! Femmes révoltez-vous !

PS : Dessin de Marine Farguetton

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Article : Dame de mon âme
Mon jardin
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6 mars 2014

Dame de mon âme

La femme est à l’honneur en ce mois de mars. C’est elle qui donne la vie. C’est elle qui fait la vie. A cette vaillante dame, je rends hommage..

 

Dame qui porte dans ses entrailles,

Le terreau de l’âme, le terreau de la vie,

Le terreau du cœur et du squelette,

Dame qui du fin fond de son ventre,

A entendu les premières cadences de mon cœur,

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Réponse en sourdine ©Bruce Clarke

J’ai tété ses seins. Ses seins sains,

J’ai baisé sa poitrine de mes lèvres innocentes,

J’ai palpé de ma langue,

Puisé dans ma petite bouche ,

Son lait. Le lait de la vie.

Dame, sur toi j’ai reposé mes effrois,

Dans ta voix je me réconforte,

Je t’ai donné des frayeurs,

Dans l’effervescence de mes premiers pas,

Dans l’ignorance de mes déboires,

Et tu as eu des sueurs froides.

Je t’ai fait de belles misères,

Qui ont orné tes nuits d’insomnie.

 

Dame, je vois ce que cachent tes rires,

Devant la barbarie de ton homme, mon père,

Un être pas doux et jaloux, mais que tu aimes tant,

Et ton silence silencieux, te rajeunit, me rassure.

Je vis ta hardiesse dans ce purgatoire,

Ta gentillesse dans cette pénitence.

 

Maintenant, je connais le sens de ton combat,

Le sens de ce combat éternel ici bas.

Quand est venu le moment à mon cœur,

De battre pour toi, il n’a battu qu’une seule fois,

Et depuis, il ne s’est pas arrêté !

 

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Article : Et si c’était vrai…la machine égyptienne contre le Sida ?
Egypte
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5 mars 2014

Et si c’était vrai…la machine égyptienne contre le Sida ?

L’annonce par l’armée de la machine « Complete cure » pour guérir du Sida et d’autres maladies, a fait le buzz sur la toile. Entre perplexité et espoir, les internautes ne savent où se placer pour apprécier la nouvelle. Et pourtant, il ne s’agit pas d’une rumeur. C’est un communiqué officiel dans une salle quasi pleine qui a annoncé que l’armée a découvert la solution tant cherchée pour éliminer le Sida et l’hépatite C. Une vidéo diffusée sur Youtube montre la machine et des essais sur quelques personnes.

Complete cure_Sida_hépatite

Pourquoi autant de scepticisme à l’annonce de cette information qui se devrait d’être applaudie à cœur joie ? Est-ce qu’on n’est pas prêt à faire disparaitre le mal du siècle ? Le mal qui fait peur. Le mal qui fait réfléchir par mille fois avant de poser des actes suspects. Le mal qui est l’objet d’un financement xxl, au nom de la recherche de son vaccin ou de la protection des personnes vivant avec le VIH. Le marketing social y trouve son aise, les projets internationaux aussi avec les budgets faramineux qui les accompagnent.

Avec l’amalgame actuel entre une annonce politique qui conforterait la cote du maréchal Al-Sissi et l’invention, moi, je veux bien me placer d’un côté. Je suis de ceux qui croient un instant que cette machine all-in-one du docteur Ibrahim Abdel-Atti est vraiment capable de diagnostiquer et de guérir le Sida, l’Hépatite, les grippes porcines et le H1N1. Donc, il faut simplement applaudir. Je ne veux pas voir les retombés pour le Maréchal Al-Sissi, qui se prépare à prendre les rênes du pouvoir. Même avant cette annonce, sa popularité lui ouvrait déjà grandement les portes pour se hisser au trône. Il est donc clair que cette machine qui, bien évidemment augmente cette notoriété, n’y change pas grand-chose. Sauf à créer une polémique de trop, au regard de la situation politique qui cherche à se stabiliser.

Si cette machine détecte réellement et soigne du Sida, je veux voir déjà les retombés pour l’Egypte. Ce sont d’abord les égyptiens malades qui auront accès aux soins. Certes ils ne sont pas les plus nombreux dans le monde. Aussi, les retombés sont à voir ailleurs.  Avec cette nouvelle machine, je vois les entrées en Egypte augmentées. Parce que le patient qui souffre du Sida, ne cherche que la guérison. Donc, finis les antirétroviraux. Pourquoi ne pas y aller ? Ce sont alors les malades qui espèrent que l’invention de cette machine soit une bonne nouvelle. Il s’agit donc désormais de rassembler un peu de sous pour aller se faire traiter au pays des Pharaons. Une fois guérit, il est possible de profiter d’une belle balade dans les musées, au bord du Nil ou pour contempler les pyramides : la guérison et la distraction ensuite. Le tourisme qui a représenté plus de 10 % du PIB égyptien, en mal à cause de la révolution et de l’instabilité qui en a découlé peut trouver un nouveau souffle. Ainsi, le docteur qui promet ne pas commercialiser sa machine, peut voir inscrire dans son registre, des patients venus des quatre coins du monde. L’Egypte ne sera plus seulement une destination touristique mais aussi une « destination médicale ».

D’ailleurs, avant d’avoir le statut de résident en Egypte, il faut avoir été contrôlé négatif au VIH. Je veux croire qu’avec la nouvelle machine, cette disposition va disparaître, non ? Parce que lorsque quelqu’un est contrôlé positif dans ce pays, il est rapatrié par le premier avion. Si cette disposition ne disparaît pas, ce ne serait que par devoir pour l’humanité et au nom de l’évolution technologique que le service d’immigration égyptien va bien vouloir transférer le dossier du séropositif au ministère de la santé égyptien pour prise en charge. Je veux le croire ainsi. Je reste optimiste que cette machine n’est pas un leurre. Qu’il est véritablement le signe de l’évolution scientifique et technologique sur le continent africain. Je reste persuadé que le « Complete Cure » en abrégé CC (ou sisi en anglais) n’est pas un motif politique mais réellement le résultat de 22 années de recherche. Je veux bien le croire…

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Article : Lumière, quand je te perds
Afrique
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22 février 2014

Lumière, quand je te perds

Dans la nuit d’Alexandrie, je suis dans mon coin,

Me parviennent les voix rythmées des muezzins,

Ils mettent l’ambiance, ils troublent le silence,

Par la vocifération de ces hauts parleurs à forte audience.

 

Chut ! Je n’entends plus les muezzins et leurs chants, lumière_coupure

J’entends au loin, le piaillement des enfants,

J’entends maintenant les véhicules,

Leurs klaxons, leurs vrombissements quand ils circulent,

 

Je ne vois plus dans mon coin, le moindre reflet,

Même plus celui de mon néon allumé.

J’ouvre ma fenêtre. Je regarde dans la rue.

Les phares cherchent à éclairer l’asphalte sombre et nu.

 

Le noir poussé de la nuit s’impose et prospère

Et le ciel, sans étoiles se confond à l’atmosphère.

Dans mon coin, les machines tournent au ralenti

Et depuis le séjour, me vient la lueur d’une bougie.

 

Une heure, deux heures, noires comme dans un trou,

Me rappellent certaines pires journées à Cotonou.

Où tout tourne au ralenti. Non, plutôt, rien ne bouge !

Où les machinent à plat, sont au repos dans leur loge.

 

Même mieux qu’à Cotonou, l’attente est longue ici.

Enfin. Les enfants exultent de joie et sourient à la vie,

La lumière est là. La vie reprend là où elle s’emblait s’arrêter,

Depuis quelques jours, quand l’heure arrive je vais m’apprêter.

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21. févr.
2014
Afrique
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Le pari de la jeunesse

« Etre jeune, c’est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d’une civilisation périmée, oser ce que d’autres n’ont pas eu le courage d’entreprendre ; en somme, se replonger dans l’élémentaire. » Thomas Mann (Le docteur Faustus)

La jeunesse telle qu’elle se galvanise encore au Bénin, a des jambes ankylosées qui assurent qu’elle soit à la traîne. « Etre jeune, c’est être spontané », être dynamique, être conscient, être concentré devant les tâches qui  paraissent lassantes, voire difficiles ou insurmontables. Si cette jeunesse, la notre, se fourvoie dans le mercantilisme à défaut de rester proche des sources de la vie, c’est son avenir qu’elle compromet. Les défis qui se dressent au quotidien n’exigent aucun mutisme. Si c’est le cas, la jeunesse doit s’activer pour relever les défis qui l’attendent. La travail y a une grande part.

La jeunesse a dans ses entrailles un mal qu’il faut exorciser à coup sûr. Elle cherche à se suffire sans effort. Elle court pour s’élever sans racine. Elle traite de la vie sans algorithme. Et pourtant, sans ces préalables, les fameuses « chaînes de la civilisation » ne sauraient naître, se consolider jusqu’à se rouiller, que dis-je, se « périmer ». La jeunesse porte sa croix. Ceux de l’ancienne civilisation l’on fait sans remords ni peines, si ce n’est de voir la perte de la jeune génération.

Et pourtant, les temps actuels se prêteraient à une quelconque révolution juvénile. Il ne s’agit en aucun cas de descendre dans le tréfonds de la terre pour interroger les dépouilles de ceux-là qui ont vécu avant nous ! il ne s’agit pas de battre le macadam pour exiger de ceux qui nous dirigent du pain et du vin ! Il ne s’agit d’ailleurs point de s’ériger en Hercules avec une puissance surnaturelle ; c’est dire que la jeunesse n’a pas besoin de potion magique. Il suffit juste à cette jeunesse introvertie, de se passer au scanner de la conscience par une introspection. Et la potion magique, c’est elle qui représente le travail personnel des acteurs de cette couche. Le travail. Quoi de plus raisonnable que de demander à un forgeron de battre le fer quand il est chaud. Il suffit pour cette jeunesse de se détourner de ces actes qui avilissent la personne humaine et l’abêtissent. C’est fort heureusement à cette jeunesse que revient la lourde responsabilité de se prendre en charge. Abandonner le gain facile, les mouvements politiques sans idéaux ni motivations qui vaillent, les actes de vandalisme qui détruisent l’environnement devenant peu à peu hostile au développement de l’être.

La jeunesse doit gagner ce pari grâce à sa spontanéité. Elle doit se « dresser » et travailler dur. La jeunesse doit secouer les chaînes de cette civilisation moribonde, « périmée » qu’il faille, non pas changer mais déjà commencer à vernir. La jeunesse doit « oser » avec les moyens de bord, son esprit et le travail de ses mains. Elle doit davantage oser d’entreprendre ce qu’elle juge digne pour changer sa situation qui s’abîme. Elle doit s’élever et se mettre au piédestal des défis du développement. Les défis d’aujourd’hui. Les défis du quotidien. Tel est son pari !

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20. févr.
2014
Mon jardin
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Ressenti

Quand je pense à certaines souffrances, j’ai un ressenti.

Ici, je les sors, je les étale, je les expose pour consoler mon esprit.

 

Je jette par moments,

Le commencement de mes phrases

Pour expulser de mes tripes roses,

De mes cordes vocales aussi noires et moites

Du tréfonds de ma gorge pâteuse et coite

Ces revers du vécu que je rumine tout le temps.

En contemplant le plafond avare,

Dans l’oscillation profonde de mon aigreur,

Les formes de l’imaginaire viennent. Celles de mon humeur,

Comme de l’obscénité. Avec la même peur aux doigts,

Celles de tout ce qui étrange, vient à mon moi,

Et que je dessine dans les formes de l’imaginaire.

 

Je pousse un turbulent silence de mépris,

Pour exhumer de mes vaines lamentations,

Dans ma pénitence interne avec génuflexion,

Celui qui a essayé d’enfouir  mon vécu dans le minuit.

J’ai eu  mes peines, mes torts, mes remords inouïs

Dans ces jours de sclérose, si longs si incompris.

 

Et quand me revient le harassement d’y penser,

J’y pense fermement, les orbites tout mouillés,

Souvenir du temps, pas beau, qui m’a chatouillé,

Et la cadence de l’autre côté de la poitrine,

Reprend sans regard pour mon âme qui chagrine.

Ces regrets ne font que m’épuiser.

 

Je revois dans l’évasion d’esprit,

Cette partie du moi entremêlée à la joie,

A la colère-joie, à la colère-vie, en proie,

A cette courte vie aux espoirs en surnombre,

Et le regard perdu dans les décombres,

Doigte l’amertume de mon mépris.

 

J’ai appris à connaître ces ressentis,

Ces turbulences dans l’introspection,

Ces errements  dans l’insuffisance de ma condition,

De mon être qui dans le mystère de ce monde,

Recherche la portion de son aise profonde

Pour consumer mes envies.

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Article : Ces Béninois mal vus sur les réseaux sociaux
Bénin
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27 janvier 2014

Ces Béninois mal vus sur les réseaux sociaux

L’idée d’écrire ce billet m’est venue des posts sur les réseaux sociaux de mes compatriotes béninois frustrés par le climat de mal être social, politique et économique qu’ils dénoncent aujourd’hui dans mon pays.

reseaux-sociaux
source photo : https://corist-shs.cnrs.fr/sites/default/files/reseaux-sociaux.jpeg

Une collègue, journaliste sur une chaîne de télévision privée, commence sa journée en faisant la réponse à ce message dans sa messagerie Facebook :

Capture

Depuis la répression dans le sang d’une marche pacifique des partenaires sociaux en décembre dernier, le pays tourne au ralenti. C’est l’effet de la grève générale enclenchée par les travailleurs dans les différents secteurs de la vie sociale. Au fil de l’actualité, la situation ne semble pas revenir au calme, tant des propos aussi désolants que vexants pour les uns et les autres abiment le débat.

Il y quelqu’un dont je tiens à vous parler. On m’a toujours dit que si ce que tu veux dire n’est pas plus fort que ton silence, mieux vaut te taire. Je suis sûr qu’il l’a appris à ses dépens. Lui, c’est le « Juda l’Iscariote » béninois, comme ses confrères syndicalistes l’appellent désormais. Ce qu’il a dit et qui fait désormais son malheur est repris dans ce post :

Capture8

Les magistrats eux, se sont mis au repos par leur grève. Mais pas seulement, leur conseil supérieur a radié l’ancien procureur de la République ! Dans cette affaire, je retiens juste la finalité de son dévouement à servir son roi. Un journaliste, certainement très proche de l’homme, n’avait pas manqué de plaider pour son cas sur son profil Facebook, pendant qu’il était mis à la quarantaine :

Capture4

Mais cet arbre, il y a longtemps que la femme de cuisine l’a séché en attendant d’en faire son feu de bois, ce qui n’a pas tardé à arriver. Plusieurs se sont réjoui de son sort, alors qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle là ! Un internaute sans moque ouvertement et sans pitié :

Capture7

Dans sa présentation du journal télévisé de 20 h, un journaliste n’a fait que verser de l’huile sur le feu par ses commentaires sur la situation socio-politique du Bénin. Heureusement qu’il n’a pas manqué d’être repris par l’un de ses confrères, dépassé par ces déboires répétés de l’homme. Son message :

Capture2A vrai dire, ce journaliste est souvent décrié par les téléspectateurs pour ses commentaires tendancieux au journal. Certains osent même penser qu’il est une brebis galeuse de la presse béninoise. Il a cette coutume de s’en remettre souvent trop à la seule expression de sa pensée. A croire même que toute son objectivité a été préalablement compromise par des moyens détournés. Sauf que ces genres d’écarts inutiles ne contribuent qu’à foncer le couteau dans la plaie.

Aussi, dans ce pays, on ne sait plus qui fait quoi. Cette fois-ci, c’est le comble. Pour se mettre plein les poches, des autorités politiques n’ont plus de limites à leur imagination. Les crises sociales n’ont pas encore de solution. Mais les vons, oui. Elles, à défaut d’être entretenues, se trouvent de nouveaux propriétaires :

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Ce n’est pas fini de ces personnes dont on parle si tant et en mal. Je veux rapporter des mots publiés par un grand poète béninois sur son mur Facebook pour qualifier la scène. Ces mots sont crus. Vulgaires et choquants vous me direz peut-être. Pour autant, il n’y a pas plus fort pour caricaturer la situation socio-politique du Bénin d’aujourd’hui. Aux âmes sensibles, retenez-vous !

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Article : En Egypte, l’amour fou pour le général
Egypte
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18 janvier 2014

En Egypte, l’amour fou pour le général

Les Egyptiens ont accompli leur devoir citoyen. Mardi 14 et mercredi 15 janvier, ils se sont rendus aux urnes pour le référendum  constitutionnel. En lisant l’un de ces nombreux articles publiés dans la presse sur ce scrutin, je n’ai pas manqué de sourire. Selon un article à la place du tampon à apposer sur le bulletin de vote, des électeurs ont juste dessiné un cœur ! Et c’est là tout mon étonnement. Je savais l’attachement de beaucoup d’Egyptiens au général Abdel Fattah Al-Sissi, mais pas à ce point.

© REUTERS

Dans les rues, pas besoin d’efforts pour remarquer les portraits géants de l’homme, imprimés sur des bâches ou tagués sur des murs, même si le temps d’une manifestation, ils ne manquent pas d’être écorchés. Au marché, certains commerçants ne vendent d’autres articles que des objets à l’effigie du général. Ces portraits sont aussi dans les voitures, sur des porte-clés, sans oublier les pages Facebook créées en son nom. Quelques manifestations de soutien à l’homme sont organisées par endroits à grand bruit.

Les « amoureux » du général ne manquent aucune occasion pour lui signifier leur gratitude. Le 6 octobre dernier, jour de la commémoration de la fête des forces armées, toute une foule était en liesse dans les carrefours, brandissant le drapeau rouge-blanc-noir et le portrait du général.

Qu’est-ce qui fascine tant les Egyptiens chez le général ? Est-ce ses interventions aussi sérieuses que concentrées à la télévision devant plus d’une cinquantaine de micros et de caméras ? Sa hardiesse pour avoir évincé le président issu de la confrérie des Frères musulmans ? Ou bien sa façon d’agir pour une sortie de crise ? Ces questions me reviennent souvent, lorsque je me souviens que la révolution avait eu entre autres pour but de mettre fin au pouvoir militaire porté par Hosni Moubarak. Je n’ai pas les éléments pour y répondre, les férus du général étant les mieux indiqués. Mais je permets de penser, et Dieu sait que je ne suis pas le seul, c’est que l’armée n’a donné qu’une petite part de pouvoir aux civils qui sont dans le gouvernement. Et dans cette configuration, ce n’est pas qu’une simple impression, c’est le général qui dirige le pays… c’est un fait. . .Et de plus en plus, les discussions sont réduites aux seules personnes d’Al-Sissi et de Morsi.

Depuis la chute de Morsi le 3 juillet 2013, le général Al-Sissi est devenu l’homme fort du pays. Les jours qui s’égrainent sont à son avantage. Sa popularité s’accroît et surclasse celle des autres membres du gouvernement. C’est son ego qui en est flatté, obligé pour autant de contrecarrer les velléités déstabilisatrices des Frères musulmans par la force qu’a l’armée qu’il dirige. Dans la nouvelle Constitution, l’armée a tout fait pour avoir ses articles. Preuve qu’elle n’aime pas qu’on veuille l’éloigner du pouvoir dont elle connaît les saveurs.

Aujourd’hui, pour nombre d’Egyptiens le général doit se présenter à la présidentielle. Selon lui, c’est le peuple qui l’appelle pour servir la nation. Le peuple sans les Frères musulmans, régulièrement démembrés depuis quelques mois ? Si le général se présente à la magistrature suprême, il a toutes les chances  de passer au nom de cet amour fou.

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Article : Le dialogue, mon vœu pour 2014 !
Afrique
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9 janvier 2014

Le dialogue, mon vœu pour 2014 !

L’année 2013 est maintenant passée emportant dans ses flots une partie de ses peines, pas toutes. Mon Afrique garde encore des plaies béantes, des séquelles profondes au regard des conflits qui continuent d’éclater et dégénèrent. Je n’ai pas la possibilité d’agir, mais je veux dire ce qui me préoccupe. Dire ? Oui ! Parce que pour le moment, ceux qui agissent pour trouver des solutions aux situations les plus complexes en Afrique semblent les envenimer.

https://unprintempspourmarnie.mondoblog.org/
https://unprintempspourmarnie.mondoblog.org/

En lisant l’intitulé d’une conférence qui a eu lieu cette semaine dans la fameuse Bibliothéca Alexandrina en Egypte, je suis resté silencieux et pensif. L’origine de ce tourment qui agite mes pensées n’est rien d’autre qu’un simple mot. Il signifie un entretien entre deux ou plusieurs personnes : le dialogue. C’est le professeur Charles Saint-Priot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris qui a fait un brillant exposé sur « la connaissance comme condition du dialogue des civilisations ». J’ai retenu plusieurs phrases. Les unes sont des citations, les autres sont le fruit de sa pensée. Je veux bien laisser par ici, pêle-mêle, quelques-unes de ces pépites, des mots qui font réfléchir. « Le dialogue, c’est l’addition des diversités », « il n’y a pas de solutions toutes faites aux problèmes des uns et des autres », « l’obscurantisme des uns nourrit le fatalisme des autres », « la connaissance, c’est le contraire de l’ignorance », « l’ignorance conduit à l’extrémisme », « le danger qui nous guette, c’est la disparition de nos civilisations », … « le dialogue reste un vœu pieux ». No comment !

Ces mots, ces phrases  sont aujourd’hui encore plus que d’actualité. En Afrique, j’ai comme l’impression qu’aucun pays n’est à l’abri des vicissitudes de son « monarque », de son amour fou de ce pouvoir dans lequel il se mire. Les foyers de tension sont là aussi dangereux qu’un tsunami, s’endorment, se réveillent au gré des intérêts personnels des uns et des autres.

Pour mon cher pays le Bénin, je veux faire le vœu du dialogue. Que le très grand président dans ses excès de colère n’écrase pas le tout petit peuple ! Réprimer dans le sang une marche pacifique des travailleurs n’est pas la meilleure façon pour éviter le trouble à l’ordre public. Je m’empêche de revenir sur cette tentative d’assassinat du président qui a fait perdre au contribuable béninois du temps, de l’argent. Et c’est sans compter avec les déboires d’une classe politique vorace qui s’enrichit au détriment du peuple.

Je pense aux frères de Centrafrique, un pays plongé dans un profond conflit entre intérêts politiques, religieux et économiques. Sur ce sujet, j’ai pu déjà dire que par la force on peut arriver à protéger les populations, désarmer les milices et entamer un dialogue pour aboutir à la paix. Mais la situation s’envenime au quotidien, comme si le pays est en voie de « somalisation » ! Le dialogue entre les belligérants c’est aussi mon vœu pour ce pays.

Je le veux aussi pour le Mali pour lequel l’année 2013 n’a pas été paisible. L’Egypte en a aussi besoin. C’est comme si la révolution est bien loin maintenant. Et pourtant sur les murs dans les rues, les tags rappellent l’ambiance qui a prévalu. Les prochains jours ne seront pas non plus des plus tranquilles.

Dans notre vie, le dialogue doit toujours avoir sa place, c’est pourquoi le vœu de dialogue, même s’il me paraît pieux, j’ose le faire afin de contribuer à l’édification de l’Afrique dont l’avenir prodigieux ne trompe pas, bien que les crises qu’elle traverse m’apeurent !

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Auteur·e

L'auteur: Djossè TESSY
Béninois, écrivant à mes heures perdues

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