Le pari de la jeunesse

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21 février 2014

Le pari de la jeunesse

« Etre jeune, c’est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d’une civilisation périmée, oser ce que d’autres n’ont pas eu le courage d’entreprendre ; en somme, se replonger dans l’élémentaire. » Thomas Mann (Le docteur Faustus)

La jeunesse telle qu’elle se galvanise encore au Bénin, a des jambes ankylosées qui assurent qu’elle soit à la traîne. « Etre jeune, c’est être spontané », être dynamique, être conscient, être concentré devant les tâches qui  paraissent lassantes, voire difficiles ou insurmontables. Si cette jeunesse, la notre, se fourvoie dans le mercantilisme à défaut de rester proche des sources de la vie, c’est son avenir qu’elle compromet. Les défis qui se dressent au quotidien n’exigent aucun mutisme. Si c’est le cas, la jeunesse doit s’activer pour relever les défis qui l’attendent. La travail y a une grande part.

La jeunesse a dans ses entrailles un mal qu’il faut exorciser à coup sûr. Elle cherche à se suffire sans effort. Elle court pour s’élever sans racine. Elle traite de la vie sans algorithme. Et pourtant, sans ces préalables, les fameuses « chaînes de la civilisation » ne sauraient naître, se consolider jusqu’à se rouiller, que dis-je, se « périmer ». La jeunesse porte sa croix. Ceux de l’ancienne civilisation l’on fait sans remords ni peines, si ce n’est de voir la perte de la jeune génération.

Et pourtant, les temps actuels se prêteraient à une quelconque révolution juvénile. Il ne s’agit en aucun cas de descendre dans le tréfonds de la terre pour interroger les dépouilles de ceux-là qui ont vécu avant nous ! il ne s’agit pas de battre le macadam pour exiger de ceux qui nous dirigent du pain et du vin ! Il ne s’agit d’ailleurs point de s’ériger en Hercules avec une puissance surnaturelle ; c’est dire que la jeunesse n’a pas besoin de potion magique. Il suffit juste à cette jeunesse introvertie, de se passer au scanner de la conscience par une introspection. Et la potion magique, c’est elle qui représente le travail personnel des acteurs de cette couche. Le travail. Quoi de plus raisonnable que de demander à un forgeron de battre le fer quand il est chaud. Il suffit pour cette jeunesse de se détourner de ces actes qui avilissent la personne humaine et l’abêtissent. C’est fort heureusement à cette jeunesse que revient la lourde responsabilité de se prendre en charge. Abandonner le gain facile, les mouvements politiques sans idéaux ni motivations qui vaillent, les actes de vandalisme qui détruisent l’environnement devenant peu à peu hostile au développement de l’être.

La jeunesse doit gagner ce pari grâce à sa spontanéité. Elle doit se « dresser » et travailler dur. La jeunesse doit secouer les chaînes de cette civilisation moribonde, « périmée » qu’il faille, non pas changer mais déjà commencer à vernir. La jeunesse doit « oser » avec les moyens de bord, son esprit et le travail de ses mains. Elle doit davantage oser d’entreprendre ce qu’elle juge digne pour changer sa situation qui s’abîme. Elle doit s’élever et se mettre au piédestal des défis du développement. Les défis d’aujourd’hui. Les défis du quotidien. Tel est son pari !

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