Les hommes de la politique, le problème béninois

Au Bénin, nous avons des problèmes économiques, politiques et de vision à long terme pour le développement. Ça, c’est ce qu’on savait. Mais de plus en plus, il apparaît plus que jamais que le Bénin a un problème d’homme (s). Ce sont les hommes de la politique.

Du chef de l’Etat au plus petit militant des partis politiques. Le premier a commis un crime : c’est de ne pas avoir une vraie vision pour le Bénin. Je me souviens encore de la marche verte contre la corruption aux premières heures du régime du changement en 2006. Le président de la République en sueur, ses ministres avec. Puis me reviennent avec insistance la rigueur annoncée dans la gestion des affaires publiques et les changements qui allaient suivre. J’ai rêvé d’un Bénin émergent comme tout le peuple béninois qui, un jour d’avril 2006, y a cru. Par contre, et c’est peut-être mon erreur, je n’ai jamais pensé que huit ans plus tard, je serais encore dans l’attente…

Mais Yayi Boni, a-t-il eu raison d’aiguiser l’attente des Béninois avant de les laisser tomber du haut de la montagne ? L’homme qui s’est toujours défendu dans ses débuts d’être un politicien s’est révélé, à mes yeux, celui de la pire espèce. Il a su dire aux Béninois, ce qu’ils voulaient entendre, s’attirer la sympathie de certains qui ne comprennent rien aux défis que notre République a à relever. Malheureusement, ils sont les plus nombreux. Il a fait des femmes et des jeunes dans leur ensemble, son instrument politique privilégié et des médias son arme de destruction massive. Et c’est comme si depuis 2006, mythes et mensonges se sont mêlés pour instaurer le culte de sa personne.

Source : lauroreonline.info

Source : lauroreonline.info

J’ai regretté depuis quelques années toutes ces promesses non tenues, tous ces scandales qu’il ne faut pas citer pour ne pas leur donner l’écho qu’ils ne méritent pas. Et ces événements  négatifs qui annulent les efforts isolés dans les deux mandats du président restent quelque chose de fort dans la conscience collective.

Il y a eu dans sa politique des comportements qui ne sont pas de nature à favoriser la démocratie.  Il a eu le pouvoir et l’a aimé de tout son cœur et de toute son âme. Avoir le peuple à ses pieds, la majorité des politiciens dans son camp, les dignitaires et têtes couronnées au palais, les jeunes instrumentalisés pour sa cause, les motards, les gardes du corps, les émoluments, les voyages. Rien n’a été impossible.

Je sens de plus en plus que la démocratie a mal comme si mon président, dans ses mots, la menace. Selon lui, les élections coûtent chères au Bénin et actuellement il n’y a pas d’argent pour les tenir. Faut-il en déduire que la Constitution ne sera pas respectée ? Je ne veux pas croire qu’on cherche des alibis pour contourner le texte fondamental de l’Etat de droit.  Stupéfaction totale et profonde amertume quand j’entends un argument aussi facile pour bafouer la démocratie instaurée au Bénin depuis 1990. Il y aura-t-il soulèvement populaire ? Ça reste mon vœu le plus cher !

Yayi Boni n’est pas le seul. Il y a dans son camp et ailleurs aussi des gens qui ont fait peur, des gens qui font peur. Ceux-là qu’il nomme à différents postes politiques et techniques de la République, car étant de son écurie. Ils sont de plus en plus nombreux à ne jurer que par lui. Et même leurs propres réflexions deviennent celles du président. Consciemment ou inconsciemment ? La logique de la sauvegarde de son poste les gouverne, alors qu’il ne s’agit en aucun cas d’un titre foncier qu’ils ont acquis. Pour conséquence, la prospérité partagée qui nous a été promise n’est qu’illusion. Et tout se passe comme si tout le monde voyait que les choses empiraient sans que personne ne cherche à en parler.

D’un autre côté, il y a ces hommes de la politique, à l’échelon le plus faible, qui constituent d’autres dangers pour la nation. Il n’y a pas de vision à long terme qui les intéresse. Il n’y a pas un avenir pour le Bénin autre que leur bien-être et celui de leur famille. Ceux-là, d’en bas, pour la plupart affiliés aux hommes d’en haut ont intérêt à ce que ces derniers restent. L’alternance est un mot qui les enrhume et leur donne la migraine. Leur intérêt, la bonne santé de leurs affaires et de leurs poches est ce qui compte. Ils sont prêts à tout par l’argent et pour le pouvoir. Ce sont les poisons de la République. Malheureusement, ils sont de plus en plus nombreux. Des lèche-bottes. Des apôtres du diable qui profitent du cafouillage total et s’activent pour que les choses restent en l’état. Mais le peuple béninois ne se laissera pas avoir. Dieu sauve le Bénin !

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Djossè TESSY
Béninois, écrivant à mes heures perdues
Djossè TESSY

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5 Commentaires

  1. Bien dit Roméo. Si tu as eu l’occasion de suivre les récentes sorties des ministres il y a un slogan qui revient de plus en plus et me fait peur : « Après nous, c’est nous, après Yayi Boni, c’est Yayi Boni ». Que doit-on en déduire ? Les membres du gouvernement seraient-ils en campagne avec les frais du contribuable ? Et quelle campagne, quand on sait que les élections peinent à être organisées.

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