L’Afrique a son musée d’art contemporain africain à Ouidah

Lundi 11 novembre, le Bénin a fait un pas d’emblée, un grand, dans le monde culturel par l’ambition et le réalisme de ceux qui croient en l’Afrique. Ce n’est un secret pour personne, les artistes plasticiens africains exposent pour la plupart dans les grandes capitales du monde. De Paris à New-York, en passant par Londres, Venise, Bilbao, les échos de ces grandes manifestations nous reviennent constamment par les médias. Sur le continent africain, il est assez rare d’avoir l’occasion de contempler le génie de nos créateurs qui pourtant vivent et travaillent pour la plupart dans nos capitales.

De retour d’un voyage, Marie-Cécile Zinsou, présidente de la Fondation Zinsou, réitère à toute son équipe son vœu de voir un musée d’art contemporain africain ouvrir ses portes au Bénin. Objectif : montrer à plein temps la riche collection  de plus de mille œuvres d’artistes africains appartenant à la fondation. Le choix a porté sur Ouidah pour accueillir le musée.

Le Musée de Ouidah

A Ouidah, rien ne se passe. Cette ancienne ouverture sur le monde ne fait pas aujourd’hui l’objet d’un grand intérêt. Il suffit d’un tour dans ses quartiers calmes et peu dynamiques pour s’en rendre compte. C’est comme si elle ne s’est pas remise de ce triste passé que rappelle la route de l’esclave. Ceux qui y vont, c’est pour nourrir leurs yeux, faire en mode touriste, le parcours de ces vaillants hommes déportés vers des plantations ou encore prendre du bon vent dans un maquis, loin du stress de Cotonou. Et pourtant, cette ville côtière a gardé tout son charme et ses belles maisons, avec une population jeune.

Heureusement, il est permis de voir cette ville autrement ; comme la capitale africaine de l’art contemporain africain. Avec ce projet ambitieux et plein d’audace, la Fondation Zinsou peint Ouidah avec un regain d’espoir. Son action reconnaît le mérite des artistes africains sur leur propre continent. Elle prouve que l’Afrique peut valoriser ses créateurs sans se complaire dans les lamentations de certains gouvernants qui laissent penser qu’ils n’ont rien à gagner, ni d’une œuvre d’art, ni d’un musée. Je reste pour autant convaincu qu’un pays ne peut pas se développer uniquement en satisfaisant les besoins fondamentaux de ses citoyens.

La Fondation Zinsou expose ces artistes peu connus sur le continent africain dans un lieu d’exception, la Villa Ajavon. Cette maison de style afro-brésilien a été construite en 1922 par un commerçant béninois à Ouidah. Avec la contribution de plusieurs mécènes qui ont cru au projet, elle a été restaurée et ouverte pour le bonheur des accros de l’art plastique. De quoi inscrire le Bénin sur la carte des grandes destinations artistiques du monde.

Le musée de Ouidah ouvre avec l’exposition « Focus sur la collection  » qui montre le travail de treize artistes dont Romuald Hazoumè, Seni Awa Camara, Georges Lilanga, Chéri Samba, Samuel Fosso.

S’il est autre manière de faire œuvre utile, que le premier venu jette la pierre à la Fondation Zinsou.

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Djossè TESSY
Béninois, écrivant à mes heures perdues
Djossè TESSY

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3 Commentaires

  1. Toutes nos félicitations à la fondation zinsou,particulièment à sa présidente cécile qui est une jeune très dynamique.en tant que étudiant ayant fait l’histoire de l’art,je ne peux me rejouir de cette nouvelle.bon vent à la fondation!!!

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