Egypte : la tension a monté, Morsi un nouveau voisin d’Alexandrie

Article : Egypte : la tension a monté, Morsi un nouveau voisin d’Alexandrie
5 novembre 2013

Egypte : la tension a monté, Morsi un nouveau voisin d’Alexandrie

Je ne suis pas le seul à m’inquiéter avant ce jour qui entre une fois encore dans l’histoire de l’Egypte. Ce lundi 4 novembre, jour de l’ouverture du procès de Mohamed Morsi, président égyptien déchu, un certain nombre d’entreprises ont pris leurs dispositions pour ne pas ouvrir. Dans les rues de bonne heure, ce n’est pas l’affluence comme d’habitude. Plusieurs personnes ont pris le parti de rester chez eux. Ils ont eu certainement raison. Nous, nous devons quitter l’université à quatorze heures, mais ça s’est passé un peu plus tôt. Et pour cause ?

Aux environs de dix heures trente minutes, quelques collègues suivent depuis la fenêtre le début des échauffourées. Je les ai vite rejoints pour ne pas me faire compter ces événements longuement évoqués par les médias.

© Tyromes

Quelques minutes plus tard, le rassemblement des pro-Morsi s’est intensifié devant la place El Mancheya à Alexandrie. De cinq, dix, ils sont passés à plus d’une centaine de personnes, avec des pierres et divers autres objets à la main. En face d’eux, une trentaine d’hommes en uniforme, armés et regroupés, qui se protègent par leur bouclier Les affrontements qui ont commencé à petits coups ont forcé les commerces encore ouverts dans ce périmètre, à fermer. Des femmes et des hommes apeurés, courent dans tous les sens. La route est coupée dans les deux sens. Elle est même devenue le terrain de l’accrochage entre manifestants et militaires venus pour rétablir l’ordre. Aucun véhicule ne circule. Par d’intenses jets de pierres, ces manifestants ne démordent pas. Les militaires aussi, n’hésitant pas à répliquer fermement à ces agressions. Derrière, ils sont soutenus par des pro-Al Sisi, comme il convient de les appeler désormais, venus aussi en grand nombre. J’ai cru entendre des tirs. Mais de quoi ? Je ne sais. C’est peut-être aussi des pétards, tant ils les adorent ici en toute circonstance. En tout cas, le plus important était de se mettre à l’abri. Trois manifestants tombés dans les mailles des forces de l’ordre sont matraqués puis embarqués dans les véhicules de l’armée. Les militaires maîtrisent la situation et dégagent les protestataires, du moins temporairement…

La foule grandit davantage, spectateurs et manifestants visiblement confondus. Les militaires sont désormais en petit nombre. Après un bref rassemblement, ils montent à bord et quittent les lieux. Repli tactique ? Les manifestants reprennent du poil de la bête, grands d’orgueil et surexcités. Ils tirent une longue barrière pour couper le trafic routier qui semble reprendre timidement et continuent leur mobilisation.

Sur la corniche, les pêcheurs ont encore leurs lignes tendues dans la Méditerranée. Ils n’abandonnent pas leur partie de pêche. Chose étrange ? Ils ne semblent pas perturbés par les échauffourées qui se déroulent à quelques mètres de là. D’autres piétons, peu inquiets ou très courageux, circulent près du lieu de tension comme si de rien n’était.

Quelques heures après, vers douze heures, le calme semble être revenu. Le trafic routier a repris, mais sans engouement. Les bus stationnent de nouveaux pour prendre des passagers. Plus loin dans la ville, la présence des militaires est remarquable, sans doute prêts à intervenir à tout moment. Des véhicules militaires sont garés au bord de la route. L’air pèse par le calme précaire qui y règne.

Au Caire tout comme dans d’autres villes de l’Egypte, il y a eu des affrontements avec des conséquences plus ou moins graves. Les pro-Morsi ont tenu à manifester leur soutien au président Morsi dont le procès a débuté au Caire ce jour même. Ce procès a été ajourné au 8 janvier 2014 et l’homme, transféré à la prison Borg Al Arab à Alexandrie. Il devient ainsi un nouveau locataire, de classe sans doute, de cette ville… un voisin d’Alexandrie comme je peux l’appeler.

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Commentaires

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Je me permet de vous feliciter, c est un regale de vous lire