Le dialogue, mon vœu pour 2014 !

L’année 2013 est maintenant passée emportant dans ses flots une partie de ses peines, pas toutes. Mon Afrique garde encore des plaies béantes, des séquelles profondes au regard des conflits qui continuent d’éclater et dégénèrent. Je n’ai pas la possibilité d’agir, mais je veux dire ce qui me préoccupe. Dire ? Oui ! Parce que pour le moment, ceux qui agissent pour trouver des solutions aux situations les plus complexes en Afrique semblent les envenimer.

http://unprintempspourmarnie.mondoblog.org/

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En lisant l’intitulé d’une conférence qui a eu lieu cette semaine dans la fameuse Bibliothéca Alexandrina en Egypte, je suis resté silencieux et pensif. L’origine de ce tourment qui agite mes pensées n’est rien d’autre qu’un simple mot. Il signifie un entretien entre deux ou plusieurs personnes : le dialogue. C’est le professeur Charles Saint-Priot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris qui a fait un brillant exposé sur « la connaissance comme condition du dialogue des civilisations ». J’ai retenu plusieurs phrases. Les unes sont des citations, les autres sont le fruit de sa pensée. Je veux bien laisser par ici, pêle-mêle, quelques-unes de ces pépites, des mots qui font réfléchir. « Le dialogue, c’est l’addition des diversités », « il n’y a pas de solutions toutes faites aux problèmes des uns et des autres », « l’obscurantisme des uns nourrit le fatalisme des autres », « la connaissance, c’est le contraire de l’ignorance », « l’ignorance conduit à l’extrémisme », « le danger qui nous guette, c’est la disparition de nos civilisations », … « le dialogue reste un vœu pieux ». No comment !

Ces mots, ces phrases  sont aujourd’hui encore plus que d’actualité. En Afrique, j’ai comme l’impression qu’aucun pays n’est à l’abri des vicissitudes de son « monarque », de son amour fou de ce pouvoir dans lequel il se mire. Les foyers de tension sont là aussi dangereux qu’un tsunami, s’endorment, se réveillent au gré des intérêts personnels des uns et des autres.

Pour mon cher pays le Bénin, je veux faire le vœu du dialogue. Que le très grand président dans ses excès de colère n’écrase pas le tout petit peuple ! Réprimer dans le sang une marche pacifique des travailleurs n’est pas la meilleure façon pour éviter le trouble à l’ordre public. Je m’empêche de revenir sur cette tentative d’assassinat du président qui a fait perdre au contribuable béninois du temps, de l’argent. Et c’est sans compter avec les déboires d’une classe politique vorace qui s’enrichit au détriment du peuple.

Je pense aux frères de Centrafrique, un pays plongé dans un profond conflit entre intérêts politiques, religieux et économiques. Sur ce sujet, j’ai pu déjà dire que par la force on peut arriver à protéger les populations, désarmer les milices et entamer un dialogue pour aboutir à la paix. Mais la situation s’envenime au quotidien, comme si le pays est en voie de « somalisation » ! Le dialogue entre les belligérants c’est aussi mon vœu pour ce pays.

Je le veux aussi pour le Mali pour lequel l’année 2013 n’a pas été paisible. L’Egypte en a aussi besoin. C’est comme si la révolution est bien loin maintenant. Et pourtant sur les murs dans les rues, les tags rappellent l’ambiance qui a prévalu. Les prochains jours ne seront pas non plus des plus tranquilles.

Dans notre vie, le dialogue doit toujours avoir sa place, c’est pourquoi le vœu de dialogue, même s’il me paraît pieux, j’ose le faire afin de contribuer à l’édification de l’Afrique dont l’avenir prodigieux ne trompe pas, bien que les crises qu’elle traverse m’apeurent !

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Djossè TESSY
Béninois, écrivant à mes heures perdues
Djossè TESSY

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2 Commentaires

  1. Merci beaucoup Josi ! Oui je crois que tu as tout dit. Le dialogue, un simple mot pour éviter le fameux « choc des civilisations ». Et effectivement, c’est l’absence de dialogue qui crée tous ces conflits où des personnes qui vivent depuis des années ensemble, arrivent à se combattre dans le sang ! Ce dialogue n’est possible que par la connaissance de l’autre, le respect de ses valeurs identitaires. Merci pour ta contribution Josiane.

  2. OOh Tes quel texte émouvant. Si nos dirigeants africains savaient réellement le sens du mot dialogue l’Afrique aurait beaucoup gagné. Car comme tu le dis si bien Tes, c’est parce que nous ne dialoguons pas que nous avons ces guerres sans fin, ces longévités au pouvoir cette corruption qui la gangrène. Le dialogue est la seule solution à ces mots. Bonne et heureuse année 2014 Tess.

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